Au Centre, ma Ville

  • RFFA en Ville de Genève : le désastre annoncé par la gauche n'a pas eu lieu

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    Avec un excédent de 93 millions, les comptes 2018 de la Ville de Genève laissaient déjà entrevoir une mise en œuvre relativement sereine de la réforme de la fiscalité des entreprises dans notre commune. Le projet de budget 2020, présenté il y a quelques jours par le Conseil administratif, confirme cette tendance. Contrairement au canton, notre commune n'a aucune charge dynamique, comme par exemple le social ou la santé. La mise en œuvre de la RFFA le 1er janvier prochain est dès lors parfaitement soutenable et ne sera pas le désastre qu'avaient annoncé certains sur les bancs de la gauche : aucune coupe dans les prestations n'a dû être faite par le conseil administratif. Bien au contraire!

    Il est en effet piquant de relever qu'une partie significative du déficit autorisé par la RFFA (30 millions pour notre commune) ne provient pas d'une baisse des rentrées fiscales mais d'une augmentation des charges. Selon les prévisions, les revenus des personnes morales chutent certes de près de 33 millions, mais les revenus nets (qui incluent également les impôts sur les personnes physiques, la taxe professionnelle et les taxes diverses) augmentent au final de 12 millions.

    Cette augmentation des revenus de 12 millions est quasiment comparable à l'augmentation des charges de personnel (13 millions) proposée par le Conseil administratif. Certes, l'honnêteté nous oblige à relever que les domaines qui devraient être les principaux bénéficiaires de ces nouveaux postes sont ceux où des efforts importants ont été demandés par le Conseil Municipal ces dernières années, à savoir le renforcement du contrôle interne et la digitalisation/numérisation de l'administration pour que celle-ci soit plus moderne, plus efficiente et surtout davantage tournée vers les besoins des citoyen-ne-s et des entreprises.

    On aurait toutefois aimé que ces postes supplémentaires soient financés - en partie du moins! - par des efforts de maitrises des charges à l'interne de l'administration. Un exercice que le conseil administratif à majorité de gauche s'est malheureusement toujours refusé de mener. Or l'addiction à la dépense publique n'est pas saine. Elle n'est pas tenable sur le long terme. L'amélioration des prestations ne va pas nécessairement de pair avec une augmentation des charges et des postes au sein de l'administration. Il est crucial de mener des réflexions afin de réduire les charges et de maîtriser la dette, tout en assurant une politique sociale et culturelle solide, ainsi que des investissements élevés.

    Au chapitre des priorités annoncées par le Conseil administratif, on ne peut que se réjouir des moyens prévus pour renforcer la lutte contre la grande précarité (sans-abris). Satisfaction également de noter la volonté d'augmenter le nombre de places de crèches afin de permettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Pour rappel, plus de 1400 parents attendent encore et toujours une place pour leur enfant dans notre commune (83% de taux de couverture).

    Il est toutefois pour le moins piquant de constater que le communiqué de presse du Conseil administratif se félicite d'un budget qui permet "d'améliorer le quotidien des familles", alors qu'il prévoit en réalité une augmentation des tarifs de crèches. Le PDC l'a indiqué très clairement : il s'opposera à tout budget qui fait porter sur le dos des familles – et notamment celles de la classe moyenne - le poids de l'augmentation non maitrisée des charges de l'administration.  

    Marie Barbey-Chappuis, candidate PDC au Conseil administratif de la Ville de Genève

     

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  • A quand des journées du "Matrimoine" à Genève ?

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    Les Journées du Patrimoine connaissent, depuis de nombreuses années, un succès durable et font désormais partie du calendrier culturel. Le public est fidèle et se presse pour découvrir des trésors cachés, des bâtiments officiels ou des lieux de mémoires. Crées en France en 1984, ces journées sont devenues européennes depuis 1991.

    Mais que diriez-vous d'organiser aussi des journées du Matrimoine à Genève, comme je l'ai récemment proposé au Conseil Municipal de la Ville de Genève  (https://www.ville-geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/motions/) ?

    Au premier abord, ce terme de "matrimoine" peut surprendre, et pourrait même faire sourire. C'est compréhensible et c'était un peu le but, à vrai dire! :-)

    On l'oublie souvent mais le mot "patrimoine" signifie étymologiquement "l'héritage des pères". Il a progressivement supplanté le terme "matrimoine" ("l'héritage des mères") qui existe pourtant depuis le Moyen Age mais dont l'utilisation a aujourd'hui presque disparu de la langue française.

    L’égalité entre femmes et hommes nécessite une valorisation de l’héritage des femmes. Matrimoine et Patrimoine doivent constituer ensemble notre héritage culturel commun. Fort de ce constat, des journées du "Matrimoine" ont été lancées en 2015 en île-de-France aux mêmes dates que celles du Patrimoine. Au vu du succès rencontré auprès du public par cette première édition, ces journées du Matrimoine ont rapidement vu le jour dans de nombreuses villes et régions de France (Toulouse, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Rennes, Rouen, Amiens, dans les Pyrénées, etc.) et, pour la première fois en 2019, en Belgique à Bruxelles.

    L'intention de ces journées du "Matrimoine" est simple : il s'agit de mettre un coup de projecteur sur les figures féminines qui ont marqué l'histoire culturelle ou politique d'une Ville et qui restent souvent méconnues ou sont tombées dans l'oubli, d'évoquer les oeuvres féminines dans tous les domaines (architecture, théâtre, musique, écriture, etc.) … bref de remettre à l'honneur des femmes de culture au travers de rencontres, parcours urbains, concerts, conférences, visites, lectures, performances, projections, etc.

    Lors des précédentes éditions en île-de-France, les journées du Matrimoine proposaient ainsi une visite sur les traces d'Alice Guy, pionnière du cinéma muet et auteur de plus de 600 films, ainsi qu'une projection de ses œuvres sur les Buttes-Chaumont. D'autres parcours urbains, par exemple sur les traces de femmes architectes méconnues, étaient proposés. Les musées de la Ville de Paris (par exemple le Musée du Quai d'Orsay) proposaient différentes visites guidées à la découverte des grandes artistes femmes. Une Promenade - Lecture autour de Simone de Beauvoir - était également organisée. Enfin, des comédiennes et chanteuses faisaient revivre l'histoire des femmes érudites condamnées à mort pour sorcellerie, telle la philosophe Marguerite Porete qui périt en 1310 sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Paris. A Toulouse ou Bordeaux, des parcours sur les traces de femmes résistantes durant la guerre oscillaient entre explications historiques et performances artistiques (danse, chant, etc.) afin de faire entrer en résonances le parcours de femmes du passé avec le travail d'artistes actuelles, de jeter des ponts entre femme du passé et du présent. A Strasbourg, un parcours urbain en quatre étapes passait notamment par la place du Marché-aux-Vins pour y parler de bière, et plus précisément de femmes brasseuses tant la bière était apparemment à l'origine une affaire de femmes!

    Bref, ces journées du Matrimoine, dont le slogan en 2017 était "patrimoine + matrimoine = notre héritage culturel", ne sont pas là pour concurrencer les journées du Patrimoine mais pour rendre visibles les figures féminines du passé, éveiller les consciences et sensibiliser le public. Une sorte de pied de nez amical ou de festival "off" aux Journées du Patrimoine.

    En-dehors des hauts faits de la Mère Royaume, ou des écrits d'Ella Maillard ou de Madame de Staël, les Genevoises et les Genevois connaissent peu de figures féminines genevoises. Elles sont pourtant nombreuses. Savez-vous par exemple que le nom d'une femme, Marie Dentière, théologienne et réformatrice protestante du XVIème siècle, est gravé depuis 2002 sur le Mur des réformateurs? Nul doute qu'une journée du Matrimoine permettrait aux Genevoises et Genevois – et notamment aux jeunes générations! -  curieux de l'histoire de la cité lémanique de prendre conscience de l'existence de ces illustres modèles.

     

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  • Le 14 juin... pour rompre avec la politique des petits pas !

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    Je sais que j'ai de la chance. La chance d’avoir un conjoint qui me soutient dans mon souhait de concilier vie familiale, professionnelle et politique. La chance de n'avoir pas subi de coup d'arrêt dans ma carrière suite aux naissances de mes deux filles. La chance d’avoir eu la possibilité de travailler à temps partiel tout en occupant un poste à responsabilités. D'autres femmes n'ont malheureusement pas cette chance. Elles sont encore beaucoup trop nombreuses. Le 14 juin, c'est pour elles que je marcherai aux côtés de milliers de femmes. 

    Il faut en finir avec la "chance". Le système doit changer en faveur de toutes les femmes. Le "plafond de mère" doit se briser. Le temps partiel ne doit plus être un frein dans une carrière. L'offre de places d'accueil (crèches, etc.) doit enfin être à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'un pays développé comme le nôtre. Le Conseil fédéral doit arrêter de persister à rejeter toute forme de congé paternité. Et les élus fédéraux doivent finir par comprendre que l'arsenal législatif doit être renforcé pour que l'égalité salariale se traduise enfin dans les faits.

    Car les femmes attendent l'égalité salariale depuis 38 ans : le droit à un salaire égal est en effet ancré dans la Constitution depuis 1981, la loi sur l'égalité en vigueur depuis 22 ans. Pourtant, les femmes gagnent dans notre pays toujours environ 18% de moins que les hommes. Une partie de cet écart peut se justifier par des critères objectifs. Mais 40% de cette différence, chiffre statistiquement stable à travers les ans, reste  inexpliqué. Au rythme actuel de la réduction des écarts salariaux, l’égalité serait atteinte en Suisse dans 60ans. Mes filles de 4 et 6 ans auront pris leur retraite…

    Le problème fondamental réside dans labsence de dispositifs de surveillance comme il en existe pour la santé et la sécurité au travail. Comme le relevait récemment la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, la Suisse se donne les moyens de lutter contre le travail au noir, mais quand il s’agit d’égalité salariale entre femmes et hommes, le consensus politique se fait attendre.

    Peut-être est-ce dû à la présence encore trop rare des femmes sous la Coupole fédérale : la représentation féminine atteint péniblement 32% au Conseil National et seulement 15% au Conseil des Etats. Qu’il s’agisse du monde de lentreprise ou de la politique, le balancier des personnes à responsabilités penche toujours du même côté : le masculin.

    Il est temps que cela change.

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