Au Centre, ma Ville

  • Pour des bains publics flottants au pied du Jet d’eau !

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    Comme bien des villes européennes, Genève est une ville qui dévoile son plein potentiel lors de la période estivale. Les enfants jouent dans les quartiers, les clients affluent sur les terrasses, les touristes déambulent sur les quais.

    Avec des étés de plus en plus chauds et des épisodes caniculaires qui tendent malheureusement à se répéter, l’accès à des zones de fraîcheur devient vital pour la population. En ce sens, les autorités ont un rôle à jouer : elles doivent fournir de tels espaces en particulier pour les personnes les plus vulnérables telles que les personnes âgées et les enfants en bas âge. La réponse des autorités ne peut pas se contenter d’inciter une partie de la population à vivre recluse et enfermée dans son logement une partie de l’été.

    Depuis plusieurs décennies, de nombreuses villes européennes traversées comme Genève par des cours d’eau, des lacs ou disposant d’accès à la mer ont développé des structures flottantes peu coûteuses permettant un accès facilité à l’eau. Ces accès innovants et sécurisés ont l’avantage de faire profiter à toute la population des bienfaits de la baignade. Copenhague et Aarhus au Danemark mais également Paris (cf. photo) Berlin, Zürich et de nombreuses villes à influence germanique ou nordique connaissent ces « badis » depuis plusieurs décennies. Leur succès populaire est d’ailleurs souvent source de fierté et ces accès à l’eau sont des marqueurs d’une identité urbaine très forte pour les habitants de ces villes.

    Les avantages de ces structures sont multiples : leur faible coût grâce à une infrastructure flottante légère, ne nécessitant a fortiori pas de lourds investissements pour les collectivités. La nature de ces infrastructures légères facilement démontables permet également de ne pas défigurer des éléments du patrimoine et du paysage. Le fait que ces bains flottants utilisent l’eau du lac ou des cours d’eau permet une utilisation et une régénération naturelle de l’eau, sans traitement chimique de l’eau.

    Le succès fulgurant de la nouvelle plage des Eaux-Vives à l’été 2019 et le succès populaire historique du Bain des Pâquis sont des témoins de l’attachement des Genevoises et des Genevois à pouvoir accéder librement et simplement à la baignade dans le lac.

    A l’aune du réchauffement climatique, les accès à l’eau dans la Rade sont pourtant trop rares et devraient par conséquent être multipliés. Tous comme les Genevoises et les Genevois se sont peu à peu réappropriés ces dernières années les espaces publics dans les parcs et les quartiers, les citoyennes et les citoyens souhaiteraient sans doute pouvoir accéder plus facilement à l’eau dans la Rade.

    Il est un lieu qui se prêterait particulièrement à un tel accès à l’eau : il s’agit de la portion de quai de la Promenade du Lac située entre le Jardin anglais et le Jet d’eau. Les installations sur le quai telles que les cabanons de pêcheurs et les bateaux amarrés dans l’eau étant voués à être déplacés dans la future extension du port public des Eaux-Vives, cet espace aquatique, dont le courant dans l’eau est par ailleurs faible, se prête particulièrement à la baignade.

    L’installation de bains flottants dans cette zone hautement symbolique et touristique puisque située à proximité du Jet d’eau, permettrait à un large public de profiter de la baignade. Grâce à l’installation de piscines flottantes immergées et au développement d’infrastructures ad hoc légères telles que vestiaire, toilettes, petite buvette et autres zones de délassement, les Genevoises et les Genevois ainsi que les touristes pourraient profiter d’un accès à l’eau privilégié au cœur de la petite Rade et à proximité immédiate de l’écrin de verdure qu’est le Jardin anglais.

    C'est l'objet de la motion que j'ai déposée ce soir au Conseil Municipal de la Ville de Genève et qui demande au conseil administratif "de présenter un crédit d’étude en vue de l’élaboration d’un concept de bains publics flottants entre le Jardin anglais et le Jet d’eau, en contre-bas de la Promenade du Lac, créant ainsi un nouvel accès à la baignade dans la petite Rade, accessible pour et par toutes et tous".

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  • Il faut verdir la Plaine de Plainpalais !

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    Pour que la Plaine de Plainpalais ne soit plus un îlot de chaleur mais un îlot de verdure

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  • Une Ville pensée aussi pour les aînes!

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    En novembre dernier, j'ai partagé pendant 24 heures le quotidien des pompiers professionnels du Service d'incendie et de secours (SIS) de la Ville de Genève. Je voulais sortir des murs confortables du Conseil Municipal pour découvrir les réalités auxquelles ces hommes et ces femmes sont confrontés.

    Ce qui m'a le plus frappée lors de cette immersion, c'est de constater que les pompiers ne sont pas "seulement" ceux qui éteignent le feu: ce sont aussi des confidents et des "anges gardiens" témoins de l'isolement et de la solitude des personnes âgées. Il y a 15 ans, les sapeurs-pompiers se rendaient quelques dizaines de fois par année au domicile de personnes âgées isolées pour les aider à se relever après une chute. Aujourd'hui, c'est plus de 800 "relevages de personnes" par année qu'ils effectuent, soit plus de deux par jour! Nos pompiers sont devenus des acteurs-clés dans une société qui oublie trop souvent le lien social.

    La population suisse vieillit. En 2040, près d'une personne sur quatre résidente en Ville de Genève (23%) aura plus de 65 ans, et le nombre de celles ayant plus de 80 ans aura doublé. Aux côtés des enjeux liés au climat, le vieillissement de la population sera l'autre grand défi de ces prochaines années.

    Inventer la ville de demain, c'est construire une cité qui offre à chacune et chacun les conditions de son épanouissement, quel que soit son âge. C'est la raison pour laquelle j'ai déposé au Conseil Municipal, en 2014, une motion qui demandait d'inclure, dans tous les projets d'aménagement, le "réflexe senior". Parce qu''un espace urbain adapté est le facteur principal d’une vie sociale en dehors du domicile, en particulier quand l'autonomie diminue: sortir de chez soi permet de rompre l’isolement, de voir des proches et de participer à la vie de la cité. Le temps de traversée aux passages piétons, la présence de bancs pour se reposer ou de places ombragées pour se retrouver, le bon état des trottoirs et leur déneigement pour diminuer les risques de chutes font toute la différence pour les aînés en perte de mobilité.

    Cinq ans plus tard, force est de constater que des efforts importants doivent encore être fournis par la Municipalité. L’absence de bancs, de toilettes ou le manque d’ombre dans un espace public limite encore trop souvent les sorties et contribue à l’isolement des aînés.

    Mais porter une attention particulière aux questions d'aménagement ne suffit pas. Il faut surtout tisser du lien. Dans le canton de Vaud, des "quartiers solidaires" ont vu le jour. L'objectif est de réunir des habitants du même pâté de maisons lors de promenades, de mettre en place un réseau d’aide pour organiser des courses dans les magasins ou des solutions de garde pour les enfants. Bref, de développer des liens intergénérationnels au travers de diverses activités pour qu'un jour nos pompiers ne soient plus les seules aides vers qui des personnes âgées doivent se tourner lorsqu'elles chutent chez elles.

    Marie Barbey-Chappuis

    (Lettre d'Invité publiée le 27 décembre 2019 dans la Tribune de Genève)

    www.marie-barbey-chappuis.ch

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