Le 14 juin... pour rompre avec la politique des petits pas !

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Je sais que j'ai de la chance. La chance d’avoir un conjoint qui me soutient dans mon souhait de concilier vie familiale, professionnelle et politique. La chance de n'avoir pas subi de coup d'arrêt dans ma carrière suite aux naissances de mes deux filles. La chance d’avoir eu la possibilité de travailler à temps partiel tout en occupant un poste à responsabilités. D'autres femmes n'ont malheureusement pas cette chance. Elles sont encore beaucoup trop nombreuses. Le 14 juin, c'est pour elles que je marcherai aux côtés de milliers de femmes. 

Il faut en finir avec la "chance". Le système doit changer en faveur de toutes les femmes. Le "plafond de mère" doit se briser. Le temps partiel ne doit plus être un frein dans une carrière. L'offre de places d'accueil (crèches, etc.) doit enfin être à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'un pays développé comme le nôtre. Le Conseil fédéral doit arrêter de persister à rejeter toute forme de congé paternité. Et les élus fédéraux doivent finir par comprendre que l'arsenal législatif doit être renforcé pour que l'égalité salariale se traduise enfin dans les faits.

Car les femmes attendent l'égalité salariale depuis 38 ans : le droit à un salaire égal est en effet ancré dans la Constitution depuis 1981, la loi sur l'égalité en vigueur depuis 22 ans. Pourtant, les femmes gagnent dans notre pays toujours environ 18% de moins que les hommes. Une partie de cet écart peut se justifier par des critères objectifs. Mais 40% de cette différence, chiffre statistiquement stable à travers les ans, reste  inexpliqué. Au rythme actuel de la réduction des écarts salariaux, l’égalité serait atteinte en Suisse dans 60ans. Mes filles de 4 et 6 ans auront pris leur retraite…

Le problème fondamental réside dans labsence de dispositifs de surveillance comme il en existe pour la santé et la sécurité au travail. Comme le relevait récemment la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, la Suisse se donne les moyens de lutter contre le travail au noir, mais quand il s’agit d’égalité salariale entre femmes et hommes, le consensus politique se fait attendre.

Peut-être est-ce dû à la présence encore trop rare des femmes sous la Coupole fédérale : la représentation féminine atteint péniblement 32% au Conseil National et seulement 15% au Conseil des Etats. Qu’il s’agisse du monde de lentreprise ou de la politique, le balancier des personnes à responsabilités penche toujours du même côté : le masculin.

Il est temps que cela change.

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Commentaires

  • Voici ce qu'aurait dû être cette manifestation pour être crédible:

    http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/

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